Stop Hate Speech

, Olivia Wainwright

«Don’t feed the troll?» Pourquoi il est si important de réagir face à la haine en ligne

Blue pos loud

Pendant longtemps, la devise « Don’t feed the troll » prédominait. Elle signifie qu’il faudrait simplement ignorer les trolls* et les commentaires haineux. Or, cette stratégie s’est révélée inefficace. Se taire, c’est laisser le champ libre à celles et ceux qui incitent délibérément à la haine et exclure les autres personnes des débats. Cela fausse le débat public, et beaucoup se retirent parce qu’ils et elles ne veulent pas s’exposer aux attaques.

Un échange d’opinions animé suppose toutefois que chacun-e se sente libre d’exprimer son point de vue. Si la haine reste sans réponse, une atmosphère se normalise dans laquelle certains groupes sont systématiquement exclus. Lutter contre ce phénomène n’est donc pas qu’une question de sensibilité personnelle, mais une nécessité pour une société ouverte.

Réagir à la haine ?

Le contre discours donne un signal important, tant pour les personnes concernées, qui voient qu’elles ne sont pas seules, que pour les lecteur-ices, qui comprennent que les propos haineux ne sont pas tolérés. Une étude de l’EPF Zurich, en collaboration avec le projet Stop Hate Speech, montre à quel point le contre-discours est efficace et comment il peut même amener les auteur-ices de commentaires haineux à réfléchir.

« Peux-tu imaginer que ce commentaire puisse être blessant pour [le groupe concerné] ? »

Dans le cadre d’une expérience sur le terrain, ces réponses empathiques ont souvent conduit les auteur-ices à supprimer eux-mêmes leurs commentaires haineux et les autres utilisateur-ices à moins souvent liker et partager ces propos haineux. Les réponses empathiques constituent donc une méthode efficace pour lutter contre la haine et atténuer la toxicité en ligne.

Les discours haineux touchent souvent les groupes les plus vulnérables de la société, ceux qui sont les moins à même de se défendre contre les attaques. C’est pourquoi, il est important que le plus grand nombre possible de personne participe au débat en réagissant avec le contre-discours. Ce n’est que si la haine ne reste pas sans réponse que le débat public peut rester ouvert et diversifié.

*On appelle « trolls » les personnes qui provoquent délibérément, insultent ou diffusent délibérément de la désinformation afin de perturber les discussions et provoquer des réactions.